Bien choisir sa carte graphique pour un pc portable gamer

J’aime jouer à des jeux PC à des résolutions raisonnables et à des réglages de qualité sans mettre le feu sur mes jambes ou mon bureau. C’est pourquoi je ne pense même pas aux capacités de jeu d’un ordinateur portable lorsque je cherche quelque chose de nouveau. Pourquoi déranger, quand mon bureau (et sa carte Nvidia RTX discrète) peut faire tout ce dont j’ai besoin ?

Il y a pourtant une foule de joueurs qui veulent absolument profiter de leurs titres favoris sur leur ordinateur portable, même quand la machine n’est pas taillée pour encaisser les blockbusters vidéoludiques du moment. Autrefois, la solution était simple : casser sa tirelire pour un nouveau portable, plus puissant, plus cher. Mais ces dernières années, une alternative s’est imposée : la carte graphique externe, ou eGPU. Un boîtier à brancher sur votre ordinateur portable pour doper ses performances graphiques.

C’est à ce carrefour que la question de Techâ, envoyée par « Ghost11 », nous arrive :

J’ai une question sur les eGPU (cartes graphiques externes). Je regarde pour en acheter un, mais à chaque recherche, je tombe toujours sur des « boîtiers ». Honnêtement, je suis perdu. Mes interrogations :

  • Les boîtiers eGPU contiennent-ils déjà la carte graphique et tout ce qu’il faut à l’intérieur ? Ou faut-il acheter la carte séparément ?
  • Les boîtiers ne sont-ils que des carcasses vides ?
  • Existe-t-il des modèles « tout inclus » prêts à l’emploi ?

Un eGPU : simple sur le papier, nettement moins en pratique

Précisons tout de suite : une carte graphique externe, ou eGPU, peut se présenter sous trois formes. D’abord, le boîtier nu, qui réclame que vous fournissiez vous-même la carte graphique. Ensuite, le boîtier vendu avec une carte graphique remplaçable (pratique pour les évolutions futures). Enfin, le modèle « tout-en-un » où la carte graphique est soudée ou non-remplaçable : ce que vous achetez, c’est ce que vous gardez.

La facture peut varier du simple au triple selon la configuration choisie. Quelques exemples concrets : l’Asus ROG XG Station 2, un boîtier spacieux qui n’inclut pas de carte graphique, s’affiche aux alentours de 780 $. La Gigabyte AORUS Gaming Box, elle, propose une carte graphique intégrée pour environ 350 $. Du côté du Razer Core X équipé d’une Radeon RX 580, on grimpe à 820 $.

La logique est assez claire : si le tarif s’envole au-delà des 1 500 $, il y a de fortes chances que la carte graphique soit incluse. En dessous, rien n’est garanti : il peut tout aussi bien s’agir d’un boîtier seul, sans la précieuse carte, et il faudra scruter la fiche technique ou la description du produit pour en avoir le cœur net.

En cas de doute, prenez le temps de lire les avis d’autres acheteurs ou rendez-vous sur les sites officiels des fabricants. Cela évite de se retrouver avec une belle boîte vide alors qu’on espérait une solution prête à jouer. Garder son budget pour une excellente carte graphique plutôt que pour un boîtier haut de gamme peut aussi s’avérer plus judicieux, à condition de bien savoir ce que l’on achète.

Faut-il vraiment investir dans un eGPU ?

À mon avis, l’achat d’un eGPU mérite réflexion. Ces solutions coûtent cher pour des performances qui, au mieux, frôlent le « correct ». Difficile de savoir où placer le curseur entre « carte graphique puissante » et « modèle survitaminé dont le potentiel se retrouve limité par la connexion avec le portable ».

Cameron Faulkner, dans sa revue 2019 pour The Verge sur le Razer Core X, résume bien le problème : Thunderbolt 3, la connexion la plus courante pour les eGPU, limite la bande passante à quatre voies PCIe, loin des seize voies offertes par les cartes mères de bureau. Certains portables font même pire. Résultat : il faut vérifier les spécifications de votre machine pour connaître ses véritables capacités. Quand on joue sur l’écran du portable, le câble doit à la fois envoyer les données vers le GPU puis rapatrier l’image traitée. C’est lourd, et même les meilleures cartes finissent par plafonner. Malgré tout, pour des jeux raisonnablement exigeants, l’expérience reste fluide d’après son test.

Le calcul à faire est simple : si un eGPU coûtait entre 150 et 250 $, pourquoi pas. Mais quand la note dépasse 700, voire 1 400 $ pour le combo boîtier + carte graphique, on paie cher pour une solution imparfaite, temporaire, qui risque en prime de ne pas être parfaitement compatible avec son PC selon les subtilités logicielles.

N’oubliez pas non plus qu’un jour, il faudra mettre à niveau votre eGPU pour suivre la cadence des nouveaux jeux. D’ici là, la technologie aura peut-être évolué (Thunderbolt 4 ? Encore mieux ?) et il faudra tout recommencer : nouveau boîtier, nouvelle carte, nouveau chèque. Au final, avec ce budget, il aurait souvent été plus rationnel de monter une tour capable d’accueillir sans broncher toutes les cartes graphiques de demain.

Bien sûr, tout le monde ne rêve pas d’un PC de bureau bardé de LED, ni de multiplier les achats (écran, périphériques, accessoires divers). Mais si la solution eGPU ne vous séduit pas et que la machine dédiée n’est pas envisageable, il reste d’autres options pour jouer confortablement.

Ne négligez pas les services de streaming de jeux

Regardez du côté des plateformes comme Stadia ou GeForce Now : pour quelques dollars par mois (10 $ US, 5 $ US), vous accédez à une ludothèque solide, parfois avec des jeux offerts, jouables sur PC, mobile Android ou téléviseur équipé d’un Chromecast Ultra.

Note de l’éditeur : Ces services ne sont pas disponibles en Australie.

Du côté de Nvidia, la formule diffère un peu : pas de jeux gratuits, mais un large catalogue compatible avec vos propres titres, accessible sur Windows, Mac, Android ou la box Shield.

Évidemment, ce genre de service ne conviendra pas si vous êtes accro à Overwatch ou à un titre absent de leur liste. Mais avec l’arrivée prochaine du service XCloud, il vaut la peine d’attendre de voir si ces solutions finiront par combler les lacunes d’une configuration eGPU coûteuse et peu flexible.

Pour le prix d’un eGPU, vous pourriez profiter de plusieurs années de jeu en streaming, à condition d’avoir une connexion internet solide. À l’heure actuelle, c’est souvent bien plus rentable et sans prise de tête. Peut-être qu’un jour, la technologie offrira enfin une expérience gaming sur portable qui rivalise avec un PC fixe, sans compromis ni bricolage. D’ici là, mieux vaut regarder au-delà des boîtiers et des câbles pour profiter pleinement de vos jeux préférés.

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